Espérance
de vie à 25 ans (selon Hammond). Fumeurs
(1 paquet de 20 cigarettes/j) : 42 ans ; (1,5 paquet/j) : 39 ans. Non-fumeurs :
48 ans. Un « petit » fumeur (environ 10 cigarettes/j) est 13 fois
plus exposé que le non-fumeur aux risques de maladies liées à l'usage du tabac.
Le risque est maximal avec une dose moyenne de 1 paquet/j. La vie des fumeurs
d'âge moyen (35-69 ans) peut être raccourcie de 15 à 20 ans du fait de l'usage
du tabac. Un fumeur qui arrête avant 50 ans réduit de 50 % son risque de mourir
dans les 15 ans qui suivent par rapport à celui qui continue de fumer. Les parents
non-fumeurs laissant leur enfant de 10 à 12 ans commencer à fumer ont de bonnes
chances de vivre plus longtemps que lui. Plus le tabagisme est précoce, plus il
est dangereux (en France, en 1990, 65 % des fumeurs avaient commencé à fumer avant
13 ans). Grossesse.
Le placenta ne filtre ni la nicotine ni l'oxyde de carbone et les communique
à l'enfant dans l'utérus de la mère qui fume ou qui absorbe la fumée d'autres
fumeurs proches. Taux moyen d'oxyde de carbone :
femme ne fumant pas 1,2 % (fœtus 0,7 %), fumant 8,3 % (fœtus
7,3 %). En 2002, environ 28 % des femmes enceintes fumaient (en 1970, 12 %). Le
tabagisme augmente risque d'enfant mort-né, de fausse-couche, entraîne diminution
de la croissance fœtale, accouchements prématurés, risque de placenta praevia
et double le risque de mort subite du nourrisson. Selon une
étude suédoise, le tabagisme est responsable de 11 % des morts tardives du fœtus
et 5 % des morts néonatales précoces. Selon une étude de l'Institut de santé infantile
de Bristol (portant sur 14 893 femmes), une femme enceinte qui ne fume pas, mais
dont la mère a fumé durant sa grossesse, a 29 % de plus de risques de faire une
fausse couche qu'une non-fumeuse fille de non-fumeuse. Ce taux atteint 60 % si
mère et fille ont toutes deux fumé. Taux de surmortalité
périnatale chez les enfants de fumeuses : 20 % pour moins de 20
cigarettes, 35 % au-delà. Maladies
circulatoires. Le tabac perturbe la circulation du sang (épaississement
de la membrane des globules rouges). Réduit les échanges gazeux. Réduit le taux
de déformabilité qui empêche l'accès aux vaisseaux capillaires périphériques,
ce qui explique le teint grisâtre des fumeurs. Affecte particulièrement artères
du cerveau, cœur et membres inférieurs, tube digestif, appareil génital,
sens (fréquence de l'artérite tabagique). Fréquence des cardiopathies ischémiques
chez les fumeurs de 20 cigarettes/j : triple de celle des non-fumeurs.
Mortalité. En 1999, 66 000 morts
en France étaient directement ou indirectement imputables à l'usage du tabac,
soit + de 1 décès sur 9 [59 000 † masculins (21 % des décès masculins),
7 400 féminins (3 %)]. 34 500 cancers : poumons, œsophage, voies aérodigestives
supérieures, vessie... 12 500 maladies cardio-vasculaires : maladies des artères
coronaires, accidents vasculaires cérébraux ; 10 500 maladies de l'appareil respiratoire :
bronchite chronique, emphysème... 9 000 causes diverses.
Sport. Un non-fumeur de 19 ans
parcourt 2 613 m en 12 min. Un fumeur de 1 à 10 cigarettes/j 95 m en
moins, de 10 à 20 242 m en moins et de + de 20 360 m en moins.
Tabagisme passif. L'exposition
passive à la fumée provoque une augmentation du risque chez l'enfant d'infections
respiratoires basses (+ 72 % si la mère fume), d'otites récidivantes (+ 48 % si
les 2 parents fument), de crise d'asthme et de râles sibilants, de retard de croissance
intra-utérine et petit poids de naissance (même si la mère ne fume pas mais est
seulement enfumée par son entourage), de mort subite du nourrisson (risque doublé) ;
d'accidents coronariens (+ 25 %, cause la plus importante en nombre de victimes),
de cancers du poumon (+ 26 %). En France. Un
million de personnes exposées à la fumée de leurs voisins plus de 75 % de leur
temps de travail. Nombre de décès : 2 500 ou 3 000 (surtout de maladies
cardio-vasculaires). |  |